Bouquet final : un meeting aérien grandiose

Dimanche 6 octobre, les IX° Rencontres Aéronautiques et Spatiales prenaient fin sur un meeting aérien. Un bouquet final grandiose où se sont succédé les extrêmes : du cri-cri à l’Airbus A330, en passant par le Morane-Saulnier et bien sûr la prestigieuse Patrouille de France. Un spectacle mémorable qui en a émerveillé plus d’un.

Les visiteurs n’ont pas été déçus ! En effet, tout de cette journée était de haut niveau, atypique ou splendide. Que ce soit la navette bretonne où deux avions se détachent en vol, le cri-cri (plus petit avion du monde), les parachutistes, ou encore les figures réalisées par les patrouilles civiles, les spectateurs ont trouvé un intérêt dans chaque présentation.
Néanmoins, certains passages revêtaient un caractère spécial : c’est le cas de l’Airbus A330, du Morane-Saulnier et, bien sûr, de la Patrouille de France.

La navette bretonne, où on voit le cri-cri, plus petit avion du monde, se détacher d’un Broussard. Merci à Christophe Rieupeyroux pour la photographie. © Christophe Rieupeyroux, tous droits réservés.

L’Airbus A330 fut une prouesse énorme : faire voler un avion si imposant pour un meeting, qui plus est un dimanche, où généralement il n’y a pas de vol, est un challenge de taille à relever. Et les spectateurs étaient bien conscients de leur chance « C’est vraiment magnifique, et c’est drôle, je réagis comme quelqu’un qui n’a jamais pris l’avion de sa vie », s’exclame Élisabeth, juste après le passage de l’Airbus. Un émerveillement partagé par les personnes environnantes. « J’ai ressenti une énorme émotion, on voit l’évolution de la technologie. C’est magnifique », ajoute Olivana, une autre spectatrice. Il est vrai que malgré son envergure, l’Airbus A330 nous a gratifiés d’un très beau spectacle, en effectuant plusieurs passages au-dessus de nos têtes et à basse altitude.

L’Airbus A330 a survolé l’esplanade des Capucins. Un moment impressionnant. Merci à Christophe Rieupeyroux pour la photographie. © Christophe Rieupeyroux, tous droits réservés

Autre taille et autre émotion : place au Morane-Saulnier. Il n’est pas grand et ne fait pas de pirouette, mais il est le témoin de la renaissance d’un mythe : celui de Roland Garros.
C’est pour le jour anniversaire de l’aviateur, et 100 ans après qu’il ait traversé la Méditerranée à bord de ce même modèle d’avion, que l’association Réplic’Air invite le Morane-Saulnier aux IX° Rencontres Aéronautiques et Spatiales.
Une réplique quasi exacte du modèle utilisé en 1913, à l’exception du moteur, plus moderne pour des raisons de sécurité. Le Morane-Saulnier version 2013 a, comme son ancêtre, fait la traversée de la Méditerranée, de Fréjus à Bizerte (Tunisie) avant de nous rejoindre à Gimont. Un grand moment d’histoire.

Le Morane-Saulnier a survolé Gimont le jour de l’anniversaire de Roland Garros et 100 ans après que ce dernier ait traversé la Méditerranée avec ce même modèle d’avion. Merci à Christophe Rieupeyroux pour la photographie. © Christophe Rieupeyroux, tous droits réservés

 

La Patrouille de France, fleuron de l’armée de l’air

Leur réputation les précède et ils font toujours une très bonne impression partout où ils passent : les pilotes de la Patrouille de France nous ont fait l’honneur de leur présence, cette année encore.
Un plaisir partagé, selon le Capitaine Guillaume Smets, extérieur gauche : « ce qui fait plaisir, c’est de voir le public applaudir des valeurs patriotiques, et puis le vol tout court est un plaisir, une évasion ».
Toujours aussi spectaculaires, les croisements arrachaient à chaque passage des exclamations de crainte aux spectateurs. Pourtant, « ce n’est pas le plus dur à faire. Au sol, les gens ont l’impression que l’on va se percuter, mais en fait il y a une distance assez importante pour ne pas prendre de risque. La figure qui, à mon avis, est la plus compliquée, c’est de faire un tonneau en formation croisillon, car nous sommes tous éloignés du leader et c’est par rapport à lui que l’on doit se positionner ».

La Patrouille de France effectue une nouvelle figure, le corkscrew. Merci à Christophe Rieupeyroux pour la photographie. © Christophe Rieupeyroux, tous droits réservés.

Cette année, de nouvelles figures sont venues s’ajouter à celles déjà connues, comme le « corkscrew » (tire-bouchon, voir photo), le « tire-pousse » (deux avions s’écartent pendant qu’un 3e les croise en passant au milieu), ou le « looping » (deux tonneaux suivis d’un croisement). Un vrai ballet que les pilotes préparent d’ailleurs comme une symphonie. « On essaye de créer de nouvelles figures chaque année. C’est comme en musique, on apporte des variations, on crée des compositions », explique Guillaume Smets.
Une partition qui s’est déroulée à la perfection, dans un cadre qui n’a pas plu qu’aux visiteurs. « Ce meeting de Gimont est très familial, et c’est bien de rencontrer des populations généralement isolées des grands événements, d’autant plus que ces gens ne s’en plaignent jamais et qu’ils mériteraient d’en avoir plus. Ici, ils ont relevé un défi technique parce qu’ils n’ont pas de plateforme aéronautique », confie-t-il.

Cependant, il est encore impossible de savoir si la Patrouille de France pourra être présente aux prochaines Rencontres Aéronautiques et Spatiales de Gimont, car « c’est à Paris que se décident les plannings des meetings (de la Patrouille de France, NDLR) ».

La Patrouille de France fête ses 60 ans. Merci à Christophe Rieupeyroux pour la photographie. © Christophe Rieupeyroux, tous droits réservés.

La Patrouille de France est notre fierté nationale, mais cette équipe est surtout une partie d’une famille plus grande qu’est l’armée de l’air. Ils en sont les représentants auprès du public, et tiennent à le rappeler. « Après nous, ce seront d’autres militaires qui prendront le flambeau. Nous sommes la Patrouille de France, mais il ne faut pas oublier les autres pilotes et militaires de l’armée de l’air que nous représentons », insiste Guillaume Smets.
Bien reçu, mon Capitaine : merci à la Patrouille de France et à l’armée de l’air d’avoir ravi nos yeux d’enfants lors de ce meeting.

Merci également à tous les participants, dans les airs et sur terre, d’avoir rendu cet événement possible, et un grand merci aux visiteurs venus particulièrement nombreux cette année.

Par Virginie de K-Renine